Championnat d’Europe de Musto Skiff : le baptême du feu

Je suis de retour de Portoroz, Slovénie, après vingt heures de routes, fatigué mais très satisfait de cette régate.

Il y avait 45 bateaux. Ca aurait pu être plus, car il y a déjà eu des championnats internationaux à 70/80 bateaux, mais il semble que le mondial en Australie cet hiver et le national anglais quelques semaines avant aient retenu du monde outre-manche. A titre indicatif, plus de 100 bateaux sont attendus au mondial 2012 de Weymouth, le plan d’eau des JO. Au total, 12 pays représentés (AUS, AUT, BEL, FRA, GER, GBR, ITA, NED, RUS, SUI, USA et SLO), j’étais le seul français sur place avec le plus français des belges, Gilles alias Lardon, armé de son bérêt, et accompagnés par nos copines en mode touristes.

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Cérémonie d’ouverture avec le représentant de chaque pays. Copyright Tania Samus, photoskiff.com

Nous sommes arrivés dimanche soir après une halte conviviale samedi soir à Lyon chez Benoit, skiffeur local. Nous avions fait l’impasse sur le pre-event qui commençait justement dimanche, et nous sommes contentés de deux petites navs lundi et mardi pour se chauffer et prendre connaissance du plan d’eau, le golfe de Piran. La météo a très peu varié pendant la semaine : 30° à l’ombre, ciel bleu, brise thermique nord/nord-ouest 5 à 8 noeuds, petit clapôt. Le parcours était une double banane avec dog leg au vent et porte sous le vent, espacés d’environ un mille.

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La mise à l’eau, depuis les pontons flottants accrochés au quai : un peu rock’n roll, mais à plusieurs ça passe. Le front de mer a un prix ! Photo Katarina Kersevan, gosailing.si

Sur le plan sportif, pour ma première grosse régate après 8 mois de découverte du MPS, je n’avais d’autre objectif que d’en apprendre un maximum.

Mercredi

Un attentisme qui s’est un peu ressenti sur mes résultats de la première journée de course : 20, 24 et 20. J’étais malgré tout satisfait d’être dans la première moitié, mais il y avait moyen de faire mieux avec des bons départs, plus de punch au contact et une confiance gagnée pour ma vitesse. Gilles s’en sort mieux (16, 26, 14).

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Tout à droite, spi noir, c’est moi. Copyright Tania Samus, photoskiff.com

Jeudi

Le réveil francophone ! Première manche dans un vent vraiment léger et tordu, avec de belles variations. Après avoir bien joué avec les oscillations pendant le premier tour, je passe la dernière bouée au vent dans le paquet de tête, et flirte avec la première place sur le dernier portant au gré des risées, mais termine à la 8e place après une fin de bord très serrée, un dernier empannage mal géré, un contact avec un bateau sous le vent, une réparation précipitée (360°) qui se solde par un dessalage, heureusement récupéré in extremis à une demi-longueur du paquet de 10 bateaux qui suivait ! Gilles, également dans le paquet de tête, gère très bien ce portant et termine 3e.

Sur la seconde manche, agacé par mes mauvais départ, je m’aventure trop haut sur la ligne… OCS, j’ai quand même couru la manche en mode touriste et termine aux alentours de la 15e place, bon pour la confiance. Gilles s’en sort avec la 14e place. La droite du plan d’eau était nettement avantageuse, plus de pression avec un effet de côte intéressant.

Troisième manche : départ (encore) moyen, virement de bord rapide pour me dégager et foncer vers la droite. Bien que pris en sandwich entre deux bons, j’arrive à tenir ma place jusqu’à la layline, puis après le virement, je me retrouve dans le dévent d’un bateau mais je serre les fesses pour tenir jusqu’en haut et éviter un autre virement synonyme de hors-cadre. Je passe 5e à la bouée, empannage immédiat pour retourner sur la droite du plan d’eau. Deux bateaux me précédant empannent un peu trop tôt à mi-bord, la sanction est rapide, ils seront derrière à la bouée sous le vent. Me voilà 3e, les deux premiers ont un peu d’avance, je contrôle en tenant la droite du plan d’eau jusqu’à l’arrivée sans encombre. Content !

L’OCS fait mal au classement général : je reste 20e, par contre Gilles avec une 3e manche de 14 est bien remonté : 11e. 

A la fin de chaque journée, on a eu droit à une petite remise de prix des trois meilleurs performeurs de la journée. Au jeu des "si", si je retire l’OCS qui ne m’a apporté aucun avantage (j’ai abattu en grand quand je me suis rendu compte de ma position) et que je rajoute un peu d’application (j’ai tiré un bord du mauvais côté "pour voir"), donc si j’imagine une journée de 8e, 10e, 3e, et bien je me serai retrouvé avec la meilleure performance de la journée, incroyable !

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Participants profitants de la tente à bières (gratuites !) et des assiettes de pâtes au retour de nav, génial ! Photo Katarina Kersevan, gosailing.si

Vendredi

Conscient d’avoir probablement eu la chance de mon côté la veille, je pars dans l’optique de réussir ces foutus départs, marre d’avoir systématiquement besoin de virer au bout de 20 secondes.

Les souvenirs de cette journée sont plus diffus. Ce qui est clair par contre, ce sont mes toujours mauvais départs, et que l’effet de site à gauche prenait nettement le dessus par rapport à la droite. La première manche pour m’en rendre compte (22e), les deux manches suivantes à jongler avec les dévents tout en essayant de rejoindre la gauche du plan d’eau, avec plutôt de la réussite : 10e et 9e.

Je remonte au classement général avec l’aide de la discard sur l’OCS, je suis 16e. Journée plus difficile pour Gilles (17e) qui subit sur la fin : 15, 18 et 28. 

Samedi

Dernier jour, 2 manches au programme, synonymes d’une seconde discard, donc d’un joker pour moi.

Toujours le même objectif : de bons départs ! 

Heureusement qu’elle était là, cette seconde discard : manche cauchemardesque. Plus tôt bien placé au milieu du premier près, centré en babord et dégagé, je négocie mal Gilles qui arrive tribord, vire en catastrophe et me retrouve coincé dans les dévents puis hors cadre à gauche à chercher de l’air frais. J’arrive à la bouée babord en milieu de flotte, pleine balle dans une risée, engagé sur un autre babord, et un rideau de tribord en face. Mauvaise anticipation, nouveau virement catastrophe, je ne fais pas la bouée, je suis coincé face au vent, on réclame contre moi. Le temps de me dégager et de faire mon 360, je me retrouve avant-dernier… la totalité de la flotte est passé en moins d’une minute, c’est allé très vite. Ensuite, pas moyen de remonter, je suis collé au stade. Enervé, je dessalle par manque d’attention sur le tout dernier empannage, et me rend compte que je baladais un paquet d’algues dans la dérive. Ca a au moins le mérite de me rassurer quant à ma vitesse. Je termine 42e.

Je passe l’entre-manche à ruminer, mais j’arrive à me reconcentrer pour la dernière manche. Bon départ (enfin !) grâce à un repère à terre bien utile sous règle noire, je tactique agressivement sur la gauche du plan d’eau et sors une manche de 6e au terme d’un combat serré avec le groupe de tête. Super de terminer sur une bonne manche !

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Enfin un bon départ ! GBR292 avec le drapeau français, tout à gauche. Photo Tania Samus, photoskiff.com

Par contre Gilles subit toujours, il faut dire que ce petit temps est éprouvant pour les nerfs et les organismes. 27e et 20e, il terminera 18e au général, et moi 17e.

En résumé

Je ressors de nombreux enseignements de cette régate. Ma vitesse est bonne, suffisante pour jouer dans le paquet de tête sans être aussi bonne que celle des tous meilleurs. Mes manoeuvres sont perfectibles (empannages dans moins de 5 noeuds) mais également acceptables. Je m’en suis bien sorti sur la stratégie. Les points négatifs sont la forme physique (le petit trap m’a éreinté), les duels perdus au contact (principalement au portant) et surtout les départs. Je sais ce que je dois travailler pour l’année prochaine !

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Dylan Tidd, champion d’Europe de Musto Skiff. Photo Veronika Zitko

C’est un jeune slovène de 17 ans précédemment barreur de 470 qui gagne la régate. Il s’est entrainé intensivement pendant 6 mois avec Mitja, l’organiseur de la régate, et a su tirer parti de son gabarit adapté aux conditions en naviguant très proprement. L’organisation était impeccable, très pro. Bravo à l’équipe GoSailing pour l’énergie déployée, vive la Slovénie et vive le Musto Skiff !

Résultats (PDF)

Galerie photo de Tania Samus sur photoskiff.com

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